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2004年04月05日
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社会学
Travailler avec Bourdieu (Flammarion) 2003 paperback. 363pp. Editor Encrevé, Pierre & Lagrave, Rose-Marie ISBN: 2082102750 USD
$ 41.95
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Ils sont sociologues, historiens, anthropologues, linguistes, économistes... Les uns sont des compagnons de route, les autres ont été proches de Bourdieu, à un moment ou à un autre. Tous témoignent d'une expérience de travail avec lui au double sens du terme: travail en commun et théorie en acte
qui continue de réengendrer approches et pratiques scientifiques. De là, la diversité des contributions mais aussi la singularité du ton de cet ouvrage, inclassable selon les règles académiques en vigueur: du récit d'un fragment de vie, en passant par le trait anecdotique, à l'analyse des apports théoriques et
méthodologiques, tous les registres se croisent, attestant que le travail avec Bourdieu n'a pas calibré la pensée ni les manières de faire. Ces différentes positions et objets révèlent des facettes et des lectures inédites de Bourdieu, qui portent tant sur la réflexivité, les logiques de la pratique, les
classements que sur l'économie des biens symboliques et les formes de domination. Dans nombre de contributions sourd également, par touches pudiques, l'émotion du souvenir, sorte de rappel des conditions sensibles de production de la science, souvent passées sous silence et qui font pourtant le quotidien du métier
de chercheur. S'il fallait parler d'hommage, c'est un hommage anti-académique que les auteurs de ce livre ont voulu rendre à l'auteur d'Homo academicus.
Augé, Marc Pour quoi vivons-nous ? (Fayard) 2003 paperback. 205pp. ISBN: 2213616523 USD $ 29.95
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Pour quoi vivons-nous ? La question a-t-elle seulement un sens pour nous qui avons pris acte du désenchantement du monde et de la mort de Dieu ? Oui, sans doute, puisque rien n’est plus caractéristique des sociétés occidentales depuis la fin des grandes idéologies que le sentiment du vide,
l’aspiration à donner un sens à sa vie. Au coeur du désarroi actuel, le silence des grandes institutions sur les finalités de l’expérience humaine. A l’ambition politique elles préfèrent la gestion; au vacarme de la rue, le silence des living-rooms à vingt heures; à l’imagination, l’apologie de
l’immédiateté et de la consommation. Or cette montée du silence la fin des questions entraînant celle des réponses et réciproquement, c’est très exactement ce que les ethnologues ont eu l’occasion de repérer dans les années 1970, quand les rodomontades du colonialisme se sont tues. C’est
pourquoi les anthropologues ont, plus que d’autres sans doute, à nous dire sur nos ambivalences actuelles, sur ces conforts que nous souffrons de payer au prix fort, mais aussi sur les voies qu’il nous est loisible d’arpenter pour en sortir. Et d’abord ceci, en forme d’avertissement: le global s’évertue
à tuer les fins en faisant mine de les réaliser. Nous n’avons pourtant jamais été aussi près de pouvoir effectivement les percevoir pour ce qu’elles sont: des incitations à la fraternité, à la pensée, au savoir.
Bertholet, Denis Claude Lévi-Strauss (Plon) 2003 paperback. 465pp. ISBN:
225919527X USD $ 51.95
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Avant d'être ethnologue, Lévi-Strauss, né en 1908, est un arpenteur, un homme qui parcourt le monde pour en prendre la mesure. La passion de la découverte le mène au Brésil, où il apprend un métier qu'à l'époque nulle université n'enseigne. En 1940, il doit fuir la France. New York est un révélateur,
lieu des rencontres avec l'intelligentsia du Vieux Monde. A travers son amitié pour Roman Jakobson et l'éblouissement que lui procure la découverte de la linguistique structurale, il acquiert l'armature qui donnera sens et rigueur à son exploration de la diversité humaine. Sa thèse sur les Structures élémentaires
de la parenté, élaborée à cette époque, est immédiatement reçue comme un classique. Lévi-Strauss revient en France en 1948 et il lui faudra douze ans pour donner à sa discipline sa place institutionnelle, par la création notamment d'une chaire au Collège de France. La publication en 1954 de Tristes
Tropiques (Terre Humaine, Plon) le fait connaître du grand public. A cheval entre philosophie et science, la pensée de Lévi-Strauss s'impose, à partir des années 60, comme l'un des pôles de la conscience contemporaine. Son œuvre est indissociable d'une réflexion sur notre société et son
fonctionnement. Il a une approche écologique du monde et des individus, avant la lettre. Ce que la pensée sauvage dit dans le mythe, nous le cherchons dans la littérature et l'art. C'est pourquoi Lévi-Strauss développe, jusque dans ses derniers écrits, des thèses provocatrices sur la production en matière d'art
plastique et de musique. C'est l'aventure intellectuelle du XXe siècle français que ce livre retrace.
Cohen, Samy La résistance des états: Les démocraties face aux défis de la mondialisation (Seuil) 2003 paperback. 258pp. ISBN:
2020396106 USD $ 32.95
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ONG, firmes multinationales, opérateurs financiers, terroristes, trafiquants, mafias: ces «nouveaux» acteurs «transnationaux» rendraient l'État impotent, annonceraient un «nouveau partage du monde». Scrutant les faits, Samy Cohen montre une réalité différente.
Le crime organisé est une menace pour l'État, pas les ONG, dont la plupart sont ses sous-traitants. Les «vieilles» démocraties occidentales seraient les plus affaiblies. Paradoxalement, ce sont elles qui résistent le mieux. Le terrorisme transnational a redonné du pouvoir à l'État. Les
pressions croissantes des ONG ont élargi sa sphère d'activité. La vision «transnationaliste» escamote les vraies responsabilités: la gestion malencontreuse des politiques publiques face à la montée des «menaces sécuritaires». L'immigration clandestine, l'économie informelle, le
blanchiment de l'argent sale, etc., sont tolérés, notamment par des régimes démocratiques, parce qu'ils leur fournissent des revenus substantiels. L'«impuissance», dans nombre de cas, n'est que le paravent d'un double jeu. Le monde ne sera pas meilleur uniquement parce que la société civile et les
ONG auront pris plus d'importance. Le problème est la désunion des nations, leur incapacité à coopérer pour faire face aux problèmes du développement, de la pauvreté, de la criminalité, de l'environnement, et de tant d'autres. La souveraineté était en voie d'extinction, nous disait-on, jamais elle n'a été
aussi présente et contre-productive. Un livre informé, courageux, bref, politiquement incorrect.
Guillebaud, Jean-Claude Le goût de l'avenir (essai) (Éditions du Seuil) 2003 paperback. 359pp. ISBN:
2020547619 USD $ 39.95
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Sans le savoir, nous sommes déjà entrés dans un nouveau monde. La rupture historique que nous vivons est si radicale que les changements vont, cette fois, bien plus vite que les idées. Nous avons du mal à penser véritablement la prodigieuse mutation anthropologique et historique dont nous sommes
les témoins inquiets. La plupart de nos analyses, de nos discours et de nos querelles campent dans un passé révolu et entretiennent des oppositions d'autant plus théâtrales qu'elles deviennent sans vrai contenu. Ce déphasage est redoutable. Il signifie que nous nous sentons de moins en moins capables
d'agir sur le cours des choses. Nous sommes tentés de déserter l'histoire. Après nous le déluge... C'est contre ce nouveau fatalisme que ce livre entend réagir. Retrouver le goût de l'avenir, refonder la démocratie, reprendre possession de notre destin, tout cela exige des mises à jour radicales. Pour ce
faire, il faut tenter de penser autrement les grandes contradictions contemporaines, celles qui sont au centre même de notre vie en société: la transgression opposée à la limite, l'individualisme brisant le lien, la transparence capable de ruiner l'intériorité, l'innocence préférée à la responsabilité ou
encore la croyance affaiblie qui ne donne plus sens au savoir. Au-delà de ces contradictions fondatrices, contre les pugilats dépassés et les manichéismes exterminateurs, ce sont autant de chemins nouveaux qu'il s'agit de tracer. Ou d'ouvrir.
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